Actus et Communiqués de Presse

26/04/2012

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Le baromètre Viavoice - BPCE des projets des Français - Avril 2012

Le prix de l’essence et le prix de l’alimentation rejoignent l’emploi au palmarès des préoccupations

A quelques jours du second tour de l’élection présidentielle, l’opinion publique est partagée entre espoir et résignation, avec d’une part des perspectives économiques qui s’améliorent sensiblement (intentions d’épargne, de dépenses) et d’autres part des inquiétudes fortes pour l’avenir en ce qui concerne :

  • Le prix de l’essence, une préoccupation majeure pour un Français sur deux (50 %), soit le niveau le plus haut atteint depuis plus un an ;
  • L’emploi, cité par 31 % des personnes interrogées comme le sujet le plus prioritaire pour la suite de la campagne.

Ces sujets devraient donc constituer des thématiques essentielles durant l’entre-deux tours, à l’heure où certains Français anticipent déjà l’impact des programmes sur leur niveau de vie.

Légère amélioration des perspectives de dépense et d’épargne

Les perspectives de dépense et d’épargne progressent sensiblement :

  • 13 % des personnes interrogées envisagent de "mettre plus d’argent de côté que ces derniers mois", score en hausse de 4 points ;
  • L’indice synthétique des intentions de dépense est en hausse de 10 points, à 83, avec une amélioration concomitante des intentions d’achat automobile (9 %, +1) et de biens de consommation courante (11 % souhaitent dépenser davantage, en hausse de 2 points).

Les perspectives des ménages restent toutefois partagées : 15 % des personnes interrogées estiment que leur pouvoir d’achat va augmenter, donnée en augmentation de 4 points, mais ils sont à l’inverse 39 % (+2) à envisager une dégradation de leur pouvoir d’achat.

Singularité de la période électorale : des catégories populaires plus optimistes pour leur pouvoir d’achat, des catégories aisées qui s’attendent à une hausse de la fiscalité

Concrètement ces différences de perspectives s’expliquent notamment par anticipation des politiques des candidats qualifiés pour le second tour :

  • Les personnes de catégories plus aisées sont plus nombreuses à s’attendre à une baisse de leur pouvoir d’achat face à une augmentation attendue de la fiscalité : 54 % des artisans et commerçants, 45 % des professions intermédiaires et 42 % des cadres anticipent une baisse de pouvoir d’achat (contre 39 % en moyenne). Ces mêmes catégories placent l’impôt parmi les dépenses qui devraient croître dans les mois à venir (pour 38 % des cadres, 34 % des artisans et commerçants et 32 % des professions intermédiaires) ;
  • A l’inverse les catégories populaires se montrent un peu plus optimistes pour leur pouvoir d’achat, alors même qu’il s’agit pour ces catégories d’un enjeu majeur : 18 % des employés et 19 % des ouvriers s’attendent à une amélioration de leur niveau de vie (contre 15 % en moyenne).

En dehors de l’impôt, différemment perçu selon la catégorie socioprofessionnelle, d’autres inquiétudes émergent dans toutes les catégories de population :

  • Les dépenses en matière d’essence progressent à nouveau parmi les postes jugés les plus préoccupants, pour atteindre 50 % des personnes interrogées (+2) ;
  • Les dépenses liées à l’alimentation sont également en forte progression (49 %, +9).

Les autres postes de dépense ont plutôt tendance à devenir moins préoccupants pour les mois à venir pour les Français, notamment l’électricité (25 %, -2) ou le gaz (15 %, -4).

L’emploi largement en tête des préoccupations, devant le pouvoir d’achat et la croissance

"Si les candidats ne devaient parler que d’un seul sujet" durant l’entre-deux-tours, ce devrait être l’emploi pour un Français sur trois (31 %). Un point de vue particulièrement présent chez les catégories les plus en proie au chômage et à la précarité, c’est-à-dire les jeunes (39 %), les employés (36 %) et les ouvriers (35 %).

Le pouvoir d’achat arrive en deuxième position des sujets de préoccupation (21 %), avec également des taux élevés auprès des catégories populaires (employés 27 % et ouvriers 25 %). La dette et les déficits publics, enfin, sont mis en tête des priorités par 11 % des Français, loin devant d’autres propositions telles que la santé publique (6 %), l’insécurité (5 %), l’environnement (4 %), l’enseignement (4 %) ou l’immigration (3 %).

L’importance des questions économiques et sociales ne fait donc aucun doute aujourd’hui, après plusieurs années de crise et d’augmentation du chômage. Dans ce contexte, l’opinion semble toutefois partagée entre préoccupations personnelles (l’impôt) et sociales (le chômage), mais aussi en fonction de l’appréciation portée sur les différents choix politiques qui interviendront après le 6 mai. En tout état de cause, la crédibilité des candidats sur ces questions ainsi que leur capacité à convaincre sur le bien-fondé de leurs choix économiques seront donc s’avérer cruciales en vue du second tour.