Actus et Communiqués de Presse

23/02/2012

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Le baromètre Viavoice - BPCE des projets des Français - Février 2012

Nette amélioration des perspectives des ménages pour les trois prochains mois.

L’horizon s’éclaircit pour la situation financière des Français au cours des trois prochains mois, sur l’ensemble de nos indicateurs. Les inquiétudes en matière de pouvoir d’achat se résorbent et les ménages sont moins nombreux à envisager une baisse de leurs dépenses ou de leur épargne, signe d’une amélioration de leurs perspectives à court terme.

Certes, les ménages perçoivent toujours des difficultés majeures en cette période de stagnation économique. Ils sont toujours très peu nombreux (10 %) à envisager une amélioration de leur pouvoir d’achat dans un contexte de stabilisation des salaires et d’augmentation des prix, notamment ceux de l’essence. Ils ne trouvent pas non plus, dans le débat politique, de réponses concrètes au problème croissant du coût de la vie qui devrait pourtant peser lors des prochains scrutins électoraux.Pour autant, cette amélioration est de bon augure, et pourrait s’avérer décisive si elle devait s’amplifier dans les prochains mois, alors que tous les acteurs économiques, rassurés par la stabilisation des marchés, attendent aujourd’hui une reprise de l’« économie réelle », en grande partie dépendante du moral et de la consommation des ménages.

Une baisse du pessimisme significative en matière de pouvoir d’achat, de dépenses et d’épargne

Les perceptions en matière de pouvoir d’achat pour les mois à venir se font moins pessimistes : ainsi, alors qu’il y avait encore, en janvier, une majorité de Français (54 %) qui déclaraient que leur pouvoir d’achat allait diminuer, ils ne sont plus aujourd’hui que 42 % à le penser, soit un recul de 12 points en un mois.

En outre, cette amélioration a un impact sur les intentions d’épargne et de dépenses :

  • seuls 34 % des ménages envisagent de dépenser moins d’argent dans les trois prochains mois, en baisse de 6 points. Ils sont par ailleurs 56 % (+ 8) à envisager de dépenser autant d’argent et 8 % (- 2) de dépenser plus d’argent : on remarque ainsi que la baisse des perceptions pessimistes n’entraîne pas pour autant une hausse des perspectives optimistes.
  • De la même manière, 26 % envisagent de mettre moins d’argent de côté, en baisse de 6 points, et 10 % (+ 2) plus d’argent de côté.
  • Enfin, les intentions d’achat de voitures s’améliorent également légèrement, avec 8 % (+ 1) des personnes interrogées qui envisagent d’acheter ou de changer de voiture.

Ainsi, sans être résolument optimistes, les Français apparaissent aujourd’hui moins résignés que ces derniers mois, marqués dès août 2011 par une crise de la dette anxiogène et qui, en déstabilisant les marchés, a empêché toute reprise et donc toute amélioration sensible du pouvoir d’achat.

L’essence devient la préoccupation majeure en matière de pouvoir d’achat, devant l’alimentation

Si la conjoncture actuelle est plutôt, pour les ménages, à l’amélioration de leurs perspectives macro-économiques, elle n’en reste pas moins encombrée d’inquiétudes majeures, avec au premier rang le prix de l’essence. Celui-ci devient en effet, pour la première fois depuis mai 2011, la préoccupation majeure en matière de pouvoir d’achat, devant l’alimentation. Surtout, c’est le seul poste de dépense essentiel, avec le logement, à ne pas s’orienter à la baisse en termes de préoccupations : 43 % des personnes interrogées placent ainsi l’essence parmi les postes de dépense les préoccupant le plus, contre 41 % (- 3) pour l’alimentation, 31 % (- 4) pour l’électricité, 16 % (+ 4) pour le logement.

Or cette situation est problématique car, d’une part, elle grève le budget des ménages, mais surtout elle introduit un sentiment de résignation face à une envolée des prix perçue comme inévitable, tant le cours du brut dépasse les débats politiques nationaux avec notamment ces derniers jours le boycott par l’Iran des entreprises pétrolières françaises et britanniques.

Les Français ne trouvent pas dans le débat politique de réponses convaincantes en matière de pouvoir d’achat

A deux mois du premier tour de l’élection présidentielle, la question du pouvoir d’achat ne paraît pas, comme en 2007, faire la différence entre les divers candidats. Certes, cette question est devenue, avec la crise, particulièrement prégnante, avec 85 % des Français qui jugent cette préoccupation importante (dont 41 % « très importante »). Pour autant, seuls 13 % d’entre eux déclarent avoir entendu des « propositions convaincantes » de la part de candidats à l’élection présidentielle, quels qu’ils soient, sur le pouvoir d’achat, et 83 % disent au contraire n’avoir rien entendu de convaincant. Une opinion largement majoritaire qui se retrouve, dès lors, dans toutes les catégories de population. Près de cinq ans après le « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy, qui avait su ainsi attirer les suffrages de nombreux électeurs, la question de l’amélioration du pouvoir d’achat apparaît aujourd’hui décrédibilisée et reste pour une large majorité des Français sans véritable solution.