Actus et Communiqués de Presse

26/01/2012

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Le baromètre Viavoice - BPCE des projets des Français - Janvier 2012

BPCE, Les Echos, France Info et Viavoice viennent de publier les résultats du baromètre mensuel des projets des Français : des Français préoccupés par une éventuelle perte du triple A, et par les nouvelles contraintes sur le pouvoir d’achat.

Près de huit Français sur dix jugent la fiscalité "injuste"

La présente livraison du baromètre des projets des Français est riche d’enseignement sur les perspectives économiques actuelles, qui devraient avoir un impact majeur sur les prochaines échéances politiques. A trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, l’optimisme économique des Français continue de se dégrader :

  • Ceux-ci pensent toujours majoritairement que leur pouvoir d’achat va diminuer (54 %) ;
  • Ils sont également de plus en plus nombreux à envisager de dépenser moins d’argent pour les mois à venir, ce qui devrait peser sur la consommation générale des ménages.

Dans ce contexte difficile, ce sondage révèle par ailleurs l’existence, dans l’opinion publique, d’un sentiment d’injustice très fort concernant la fiscalité : près de 8 Français sur 10 (79 %) considèrent aujourd’hui la fiscalité en France comme "injuste".

Pouvoir d’achat : des inquiétudes croissantes sur l’énergie (essence et électricité)

Les inquiétudes sur le pouvoir d’achat restent globalement stables, à un niveau élevé (54 %).

En revanche, elles se cristallisent de plus en plus sur les dépenses d’essence et d’électricité, alors que les hydrocarbures atteignent des records et que la Commission de Régulation de l’Energie vient d’annoncer une augmentation de 30 % du tarif de l’électricité d’ici 2016 :

  • 43 % des Français déclarent que l’essence est une des dépenses les préoccupant le plus pour leur pouvoir d’achat, en hausse de 5 points. On rejoint ainsi les niveaux du premier trimestre 2011 (48 % en mai), alors que les prix flambaient sous l’impact des révolutions arabes.
  • Ce taux atteint 35 % concernant l’électricité, en hausse de 3 points depuis décembre et de 11 points depuis novembre.

Baisse des prévisions de dépenses pour le deuxième mois consécutif

La récession annoncée pour le premier trimestre 2012 devrait bel et bien avoir un impact sur la consommation, à la lecture des intentions de dépenses des Français pour les mois à venir :

  • 40 % envisagent de "dépenser moins d’argent" au cours des trois prochains mois pour l’alimentation ou l’habillement, un chiffre en hausse de 4 points depuis décembre et de 8 points depuis novembre 2011 ; à l’inverse, seuls 10 % (+1) des Français envisagent de dépenser plus d’argent.
  • Les intentions d’achat immobilier sont également en baisse, avec 3 % (-1) des personnes interrogées qui envisagent d’acheter une maison ou un appartement dans les trois prochains mois.

L’épargne pourrait également, dans une moindre mesure, être touchée par la situation actuelle des ménages, avec seuls 8 % des Français envisageant de mettre "plus d’argent de côté" que ces derniers mois, en baisse de deux points. 32 % (=) envisagent toujours de mettre "moins d’argent de côté".

La fiscalité : quelle réforme fiscale dans les mois à venir ?

La question fiscale s’est installée au sein de l’opinion publique comme un enjeu majeur des années à venir. Cette situation n’est pas anodine :

  • Elle résulte de la crise de la dette, aggravée en ce début d’année par la perte du triple A de la France selon Standard and Poor's, qui rend aujourd’hui de plus en plus probable une augmentation des prélèvements obligatoires, que ce soit avant ou après l’élection présidentielle ;
  • La question fiscale cristallise également les inquiétudes car elle renvoie aux principaux enjeux de la campagne à venir : le chômage, le pouvoir d’achat, les inégalités ou la juste répartition des efforts face à la crise.

Or dans ce contexte difficile, il ressort que la fiscalité est perçue comme "injuste" par près de 8 Français sur 10 (79 %), voire "très injuste" pour 37 % d’entre eux. Ce niveau de mécontentement apparait ainsi très élevé, et transcende largement les clivages politiques traditionnels. Une situation qui appelle donc une réforme profonde de la fiscalité, un "grand soir" fiscal aujourd’hui envisagé tant par Nicolas Sarkozy et le gouvernement (TVA sociale) que par les principaux candidats de l’opposition.

La capacité de chacun, dans les mois à venir, à convaincre du bien-fondé de ses propositions en matière de fiscalité, tant du point de vue de l’efficacité que de l’équité, devrait donc être un enjeu essentiel des prochaines échéances présidentielles et législatives.