Actus et Communiqués de Presse

29/11/2012

Partager :
Partager sur LinkedIn

Le baromètre Viavoice - BPCE des projets des Français - Novembre 2012

Pouvoir d’achat et consommation : léger regain de confiance

Après trois mois consécutifs de dégradation des perspectives des Français, la situation s’améliore en cette fin d’année : que ce soit en matière de pouvoir d’achat, de consommation ou d’épargne, les anticipations économiques des ménages se font moins pessimistes qu’en octobre, signe d’un léger mais réel regain de confiance.

Pour autant, la situation des ménages demeure préoccupante puisque 42 % d’entre eux envisagent de dépenser moins d’argent pour les fêtes de fin d’année.

Des perspectives moins pessimistes sur le pouvoir d’achat

Un peu plus d’un Français sur deux (52 %) anticipe aujourd’hui une baisse de son pouvoir d’achat dans les trois prochains mois. Ce chiffre reste élevé mais enregistre une baisse de 5 points en un mois dans un contexte plus optimiste suite à l’annonce de mesures de compétitivité au début du mois (20 milliards pour les entreprises), décisions qui semblent avoir mis au second plan l’enjeu de l’austérité budgétaire en offrant des perspectives nouvelles pour l’économie française, que ce soit pour les entrepreneurs ou les ménages. Ce timide retour de confiance indique par ailleurs que la hausse annoncée de la TVA, qui n’entrera en vigueur qu’en 2014, n’exerce pas pour l’instant d’effet anxiogène majeur sur les perspectives des Français en matière de pouvoir d’achat. Ce regain s’explique également par une évolution des préoccupations en termes de dépenses à venir :

  • La fiscalité est moins prépondérante parmi ces préoccupations, avec un score de 33 % (-10 points). Le report de la hausse de la TVA, mais également les mesures d’aides aux entreprises ont ainsi joué, limitant les inquiétudes des catégories aisées marquées par les hausses fiscales de la rentrée : en novembre, seuls 25 % des entrepreneurs (artisans, commerçants, chefs d’entreprise) citent la fiscalité parmi leurs préoccupations majeures, contre 53 % en octobre ; les cadres et professions libérales sont de même 44 % à citer la fiscalité, contre 58 % le mois dernier ;
  • Le prix de l’essence nourrit lui-même moins de préoccupations, en recul de 3 points à 35 % : pas d’anticipation donc de la fin du dispositif provisoire de baisse des prix à la pompe mis en œuvre à la rentrée et qui doit s'achever fin novembre. Il est vrai que le gouvernement assure travailler actuellement sur un nouveau mécanisme d'aide, et le groupe Total a d’ores-et-déjà affirmé qu'il maintiendra sa contribution à la baisse des prix ;
  • Le prix des produits alimentaires apparaît toujours en tête, avec 47 % des Français considérant l’alimentation parmi les dépenses les plus préoccupantes en matière de pouvoir d’achat, et en hausse de 3 points. Une réalité confirmée par l’Insee avec une augmentation de l’indice des prix de l’alimentation de 2,9 % sur les douze derniers mois, soit beaucoup plus que l’inflation (1,9 %).

Hausse des intentions d’épargne et de consommation, mais des dépenses limitées pour les fêtes

L’amélioration des perspectives liées au pouvoir d’achat devrait avoir également des conséquences sur l’épargne et la consommation des Français :

  • En matière de consommation, 16 % des Français déclarent vouloir dépenser "plus d’argent que ces derniers mois" pour l’alimentation ou l’habillement, en hausse de 4 points. Les cadres et professions libérales constituent la catégorie la plus concernée par ces hausses de dépenses (22 %, +11). Par ailleurs 50 % des répondants (+1) souhaitent "dépenser autant d’argent que ces derniers mois", et 32 % "moins d’argent" (-5).
  • Concernant l’épargne, les perspectives négatives régressent également puisque seuls 29 % des personnes interrogées envisagent de "mettre moins d’argent de côté" dans les trois prochains mois, en baisse de 5 points.
  • Enfin les intentions d’achat immobilier enregistrent une légère hausse, avec 4 % (+1) des Français qui envisagent d’acheter une maison ou un appartement dans les prochains mois.

Toutefois, ces améliorations conjoncturelles masquent des difficultés persistantes au quotidien :

  • Les personnes envisagent de "dépenser moins" restent toujours plus nombreuses que celles envisagent de dépenser plus, y compris au sein des catégories aisées (28 % des cadres envisagent de dépenser moins) ;
  • On note par ailleurs une augmentation des personnes déclarant ne pas mettre d’argent de côté (26 %, +3), notamment parmi les retraités (41 %, +12) ;
  • Enfin, les dépenses de fin d’année ne devraient pas faire exploser la consommation des ménages par rapport à l’année dernière : leurs dépenses pourraient même baisser avec 42 % des Français qui envisagent de dépenser moins que l’année dernière, contre 9 % qui envisagent de dépenser plus cette année "pour les fêtes de fin d’année".

Une situation qui montre la complexité des opinions actuelles envers l’économie : si une amélioration de la confiance est perceptible pour les prochains mois, notamment sous l’impulsion des mesures de compétitivité, la prudence reste de mise dans un contexte de rigueur qui devrait toucher, en 2013, les acteurs publics et privés comme les ménages.